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NOUVEAU LIVRE DU RAV GINSBURGH


Extrait du livre : Comprendre les rêves d'aprés la Kabbale

Lettre 3 : DES DONS DU CIEL



J’ai un jour entendu une histoire au sujet d’un tsadik qui était doté de pouvoirs spirituels particuliers, mais qui priait  D.ieu que ces pouvoirs lui soient retirés afin qu’ils puissent Le servir comme un simple Juif.

Cela semble impliquer que la ‘Hassidout n’encourage pas la quête de spiritualité, ni l’acquisition de pouvoirs spirituels. Mais, je ne comprends pas pourquoi quelqu’un voudrait rendre de tels pouvoirs particuliers, qui sont des dons de D.ieu, alors qu’il en a été apparemment doté pour qu’ils soient utilisés dans un certain but.

Je vous serais très reconnaissant si vous pouviez m’en expliquer la raison.

 

?

 

IL EXISTE EN EFFET plusieurs histoires, telles que celle que vous mentionnez dans votre lettre, de grands tsadikim qui demandèrent que certains pouvoirs spirituels leur soient retirés.1

On rapporte une histoire, qui pourrait être un début de réponse à votre question, au sujet du Alter Rebbe, le « petit-fils » spirituel2 du Ba’al Chem Tov et le premier Rabbi de Loubavitch. Tandis qu’il se rendait chez son Rav, le Maguid de Mezéritch, il passa par la ville de Koritz, où résidait Rabbi Pin’has de Koritz, un autre grand disciple du Ba’al Chem Tov. Après être resté quelque temps chez Rabbi Pin’has, le Alter Rebbe voulut reprendre sa route vers Mezéritch, mais Rabbi Pin’has désirait qu’il reste à Koritz et qu’il étudie sous sa direction.3 Afin de le persuader de rester, Rabbi Pin’has promit de lui enseigner diverses formes de connaissance et de pratiques ésotériques, telles que la capacité à parler avec les anges, les oiseaux et les arbres. En dépit de cette offre qui semblait alléchante, le Alter Rebbe demeura ferme dans sa décision de poursuivre sa route jusqu’à Mezéritch. Quant aux dons spirituels que Rabbi Pin’has souhaitait lui transmettre, il répliqua qu’à Mezéritch, ces questions n’avaient aucun intérêt. « A Mezéritch, nous nous penchons sur "l’Unique", "le Un" et "toujours" » (trois niveaux de conscience Divine),4 dit-il.5 Plus tard dans sa vie, le Alter Rebbe déclara que toutes les  autres matières de spiritualité, telles que celles que Rabbi Pin’has lui proposa de lui enseigner, ne sont que de simples détails techniques pouvant être acquis et intégrés dans le psychisme par l’esprit intelligent, avec pour seule condition préalable que l’étudiant soit en possession de l’inspiration Divine (roua’h hakodech), i.e. d’une conscience Divine épurée.

Cette condition préalable du roua’h hakodech, spécifiée par le Alter Rebbe, est indispensable pour deux raisons. Premièrement, le roua’h hakodech est nécessaire pour intégrer dans son psychisme la connaissance ésotérique reçue par le biais de ces techniques et atteindre une expérience directe et sensorielle du phénomène attendu, permettant ainsi une interprétation correcte du phénomène perçu. Tel est le sens littéral des paroles du Alter Rebbe dans sa prescription spirituelle. Toutefois, cette idée nous amène à la deuxième raison pour laquelle le roua’h hakodech est nécessaire. En effet, sans un roua’h hakodech rectifié, les dons apparents d’une personne, ou ses techniques spirituelles acquises, seront non rectifiées également,6 pouvant ainsi rendre son interprétation du phénomène spirituel qu’il perçoit comme un bienfait bien inférieur au conseil rationnel que lui offrirait n’importe quel mentor bien intentionné.7 En de telles circonstances, les dons spirituels de la personne peuvent devenir trompeurs et nuisibles pour lui-même et pour les autres. De plus, ils risquent davantage de perturber et d’interrompre son service sincère et dévoué de D.ieu.

Cette situation est vraie pour celui qui a reçu des sens spirituels extraordinaires (tels que la clairvoyance ou le pouvoir de guérison), sans avoir gagné ces dons grâce à un service humble et dévoué de D.ieu. « Gagné » ne signifie pas qu’il a l’intention de les recevoir, mais plutôt que, grâce à son service dévoué, dont le but est de se rapprocher de D.ieu et d’accomplir Son objectif dans la création (en général et l’objectif de sa propre existence en particulier), il reçoit les dons spirituels qui conviennent à son niveau spirituel.8

A l’opposé, celui qui projette de recevoir de tels dons par le biais de son service est considéré comme un insensé, comme dans la phrase : « Un insensé ne désire pas la raison, mais la révélation de son cœur. »9 Une personne se dupe elle-même en croyant que grâce à son imagination et une pensée abstraite, elle se rapproche de la compréhension de D.ieu. En réalité, elle ne fait que gonfler son propre ego. Même si elle parvient à acquérir effectivement certains pouvoirs « spirituels », ils ne sont rien d’autre que le résultat de son propre égocentrisme. Elle s’éloigne donc en fait de son objectif d’atteindre une authentique spiritualité.

Il est clair que posséder de tels pouvoirs pseudospirituels ne constitue pas l’une des marques distinctives d’une personne véritablement vertueuse. Celui qui recherche D.ieu sincèrement se conduit avec humilité et désintéressement et fait toujours preuve de modestie en ce qui le concerne.

Ainsi que l’explique en détail l’œuvre classique de Rabbi Chnéour Zalman, le Tanya, il  existe de nombreux niveaux de service Divin qu’une personne peut atteindre le long de son parcours pour devenir un tsadik. Plus une personne en cours de maturation spirituelle intègre d’humilité dans son psychisme, plus elle risque de suspecter que les pouvoirs spirituels qu’elle a obtenus soient de nature trompeuse, si elle s’efforce consciemment de les obtenir. En fait, ces pouvoirs peuvent constituer une épreuve du Ciel visant à révéler les véritables désirs de la personne. Les vrais pouvoirs spirituels sont ceux qui sont obtenus involontairement et en toute innocence. Une telle épreuve permet de déterminer si le but d’une personne est d’avoir des pouvoirs spirituels qui gratifient son âme ou si elle recherche réellement à s’unir à D.ieu, le Créateur Unique et Infini de l’univers.10

Il est donc important pour nous de réaliser que les pouvoirs spirituels ne sont pas nécessairement un résultat du service spirituel, même en ce qui concerne les justes (sans parler de ceux qui ne le sont pas et qui pourraient également posséder des pouvoirs similaires), mais plutôt, qu’ils reflètent les qualités innées de l’âme, ainsi que nous allons l’expliquer brièvement. Une âme pure et, par essence, droite est une âme qui est capable de discerner, en vérité, si le pouvoir qui est en sa possession la rapproche ou non du niveau  de « communication directe avec D.ieu ».

Expliquons ce point plus en profondeur, à partir d’un angle légèrement différent, en commençant par le non vertueux pour revenir au vertueux. Il est évident que la très grande majorité de ceux que l’on appelle des « guérisseurs » et des devins spirituels, etc. n’est rien de plus que des charlatans. Cela n’en demeure pas moins vrai qu’ils trompent consciemment le public ou qu’ils soient eux-mêmes sincèrement convaincus de posséder de tels pouvoirs.11

Pourtant, il existe néanmoins un pourcentage minime de personnes qui sont réellement capables d’une telle divination, même sans s’être purifiées dans la sainteté. Il est toutefois clair que ces individus ne sont certainement pas en possession de la condition préalable de roua’h hakodech.12 D’où ces pouvoirs proviennent-ils donc ? Pourquoi certaines personnes en sont-elles dotées tandis que d’autres non ?

Pour pouvoir trouver la réponse à ces questions, nous devons d’abord comprendre que le psychisme de l’homme possède trois vêtements : la pensée, la parole et l’acte, la première étant la plus élevée est la plus importante13 des trois. Avec une perception étonnamment profonde, la ‘Hassidout nous révèle que les pouvoirs spirituels que possèdent certaines personnes sont le résultat de « trous » dans les vêtements psychologiques qui habillent les pouvoirs normatifs de leur âme ; un type de nudité à travers laquelle la lumière/l’énergie, enracinée dans les pouvoirs intérieurs et superconscients (ou subconscients) de l’âme, se répand, si l’on peut dire, à l’intérieur du psychisme conscient.14

La saine intégrité des vêtements de l’âme est d’une importance capitale pour la santé psychologique d’une personne. En fait, le mot hébreu pour « rectification » (?????) est un synonyme de « vêtement ». Avant la faute originelle, Adam et Eve étaient tous deux nus et n’en étaient pas gênés. Toutefois, la rectification après la faute consista à porter des vêtements. Les Sages nous enseignent que le mot « habillement » (????) se compose des mêmes lettres permutées que « pas gêné » (?? ???), ce qui signifie que le fait de porter des vêtements neutralise la gêne négative qui résulta de la faute. De la même manière que l’habillement dissimule la nature physique flagrante de notre corps, permettant ainsi à notre personnalité intérieure de devenir apparente lors de nos interactions avec les autres, ces trois « couches » de vêtements spirituels servent à dissimuler, tout en les reflétant pourtant, les recoins intérieurs de notre être spirituel. Aussi, de même que des vêtements déchirés sont généralement une source d’embarras, de tels trous sont tout aussi indésirables.

À travers leurs prières, les tsadikim élèvent et purifient leurs vêtements, en particulier celui de la pensée.15 Les vêtements purs et affinés s’élèvent alors pour revêtir les pouvoirs intérieurs de l’âme,16 servant à présent à canaliser la lumière/ l’énergie superconsciente vers le tsadik d’une manière rectifiée. Il reçoit alors de nouveaux pouvoirs spirituels rectifiés que les autres n’ont pas et il est capable de les employer pour le bien de l’humanité, ainsi que D.ieu le désire réellement.

Les individus, dont les pouvoirs spirituels résultent des « trous » dans leurs vêtements, sont en fait nés avec un défaut, tout comme celui qui naît en ayant un certain membre en moins, à D.ieu ne plaise. Certains membres sont plus cruciaux que d’autres et une personne est capable de survivre lorsqu’elle est privée de l’un d’entre eux. Il se peut même qu’elle parvienne à développer une sensibilité accrue dans un autre membre pour surmonter son handicap. De manière similaire, celui qui est né avec des « trous » dans un vêtement spirituel particulier peut être amené à développer une perspicacité plus grande que la normale, ainsi que des « pouvoirs » spirituels. Par exemple, les Sages du Talmud nous rapportent que certaines personnes naissent avec une capacité à interpréter les rêves (et que leur interprétation se réalise effectivement),17 mais elles n’ont pas besoin pour autant d’être des âmes vertueuses ; le Talmud rapporte d’ailleurs des incidents tragiques perpétrés par des interprètes de rêves, animés de mauvaises intentions.18

À l’inverse, le véritable tsadik, qui a été doté de pouvoirs spéciaux grâce à ses efforts pour purifier son âme, est capable d’assister, de manière désintéressée, ceux qui sollicitent son aide. La perspicacité singulière du tsadik lui permet de voir le point particulier de rectification nécessaire à la personne qui s’adresse à lui, son aide étant donc concentrée sur ce dont a besoin son interlocuteur afin qu’il se rectifie réellement.

Toutefois, la conscience rehaussée du tsadik lui permet de percevoir l’angoisse spirituelle dont souffre l’individu moyen, à cause de son état imparfait. Le tsadik pourra donc ressentir encore plus de douleur que la personne elle-même,19 provenant d’une certaine frustration existentielle chez le tsadik. Du fait de son empathie sincère pour cette âme qui souffre, sa propre souffrance psychologique ne connaît pas de fin. De plus, le tsadik n’est pas toujours en mesure de libérer l’autre âme de son exil spirituel et il demeure absorbé dans sa propre souffrance, en vain. La connaissance superconsciente du tsadik peut lui faire prendre conscience de situations spirituelles contradictoires qui l’empêchent de prêter assistance à ceux qui le sollicitent.

Si le tsadik n’avait pas eu connaissance de telles situations spirituelles paradoxales, il aurait été capable de prier de tout son cœur et avec toute sa sincérité en faveur d’une assistance Divine pour la personne dans la difficulté, laissant entièrement à D.ieu la résolution des paradoxes, « le Paradoxe de tous les Paradoxes ». Un tel état de disharmonie résultant de sa propre capacité à percevoir au-delà des limites de la conscience normale constitue la raison pour laquelle le tsadik préfère servir D.ieu à la manière d’un simple Juif dont les prières sont innocentes et sans malice, n’ayant aucune conscience des complexités spirituelles que connaît le tsadik.

À la lumière de tout ce que nous avons dit ci-dessus, ce dernier scénario nous permet de mieux comprendre pourquoi le tsadik demande que ses dons spirituels lui soient retirés.

Il est de la plus haute importance de se souvenir que la maturité spirituelle nécessaire pour assumer et réussir sa mission dans la vie exige que l’on concentre ses efforts spirituels sur la compréhension et l’intégration des niveaux de « l’Unique », « le Un » et « toujours » ; ya’hid, é’had, va’ed, le programme qu’étudia le Alter Rebbe à Mezéritch. 


.                                  L’un des disciples du Voyant de Lublin, comme son maître, était conscient de nombreuses choses qu’ignoraient totalement les personnes normales. Un jour, on lui demanda de prier pour la guérison complète d’un homme gravement malade, mais il refusa de le faire. La famille de l’homme continua de l’implorer pour le convaincre de prier afin que cet homme vive, mais le Rabbi persistait dans son refus. Finalement, celui-ci s’écria : « Comment pouvez-vous vous attendre à ce que je prie pour cet homme, alors que je sais qu’il y a une jeune femme dans le village voisin qui souffre de douleurs interminables d’accouchement en attendant que cet homme meure afin que le nouveau-né reçoive son âme qui doit être réincarnée en lui ?! Comment puis-je prier pour qu’il vive ?!! » Après cet épisode, le Rabbi implora D.ieu de lui retirer son pouvoir spirituel.

 

Avec les bénédictions de la Torah et de la Terre d’Israël,

 


                            Un jour, un roi qui inspirait la crainte et l’admiration érigea un grand nombre de barrières entre lesquelles s’écoulaient de nombreuses rivières profondes et se tenaient des forces armées terrifiantes ainsi que des ours et des lions, des serpents et des scorpions et toutes sortes d’animaux sauvages. Toutes ces mesures de protection avaient pour but d’effrayer et d’éloigner tous ceux qui souhaitaient s’approcher du roi. Chaque barrière et chaque point de jonction étaient encore plus terrifiants que le précédent, de sorte que personne ne pouvait s’approcher sans permission. Les murs dissimulaient le roi et le rempart qui était le plus proche de lui était aussi sombre que la plaie des ténèbres en Égypte.

Le roi envoya des hérauts qui annoncèrent que quiconque parviendrait à arriver jusqu’au roi et à recevoir le privilège de voir son visage épouserait la fille du roi et une couronne serait placée sur sa tête. Il régnerait sur la totalité du royaume du roi, se tiendrait devant lui à tout instant et résiderait dans son palais qui était empli de lumière.

Quel est le fou qui ne désirerait pas une telle chose ?! Pourtant, tous ceux qui s’approchaient du mur et qui voyaient ces choses terribles et effrayantes, goûtant ainsi à la grande amertume de voir leur souhait de se rapprocher du roi contrarié, étaient découragés. Quelques-uns, après avoir surmonté de grandes épreuves, parvenaient à passer plusieurs murs, mais, entre chacun d’eux, ils rencontraient des nobles respectables qui distribuaient d’immenses richesses à tous ceux qui désiraient rester en cet endroit avec eux.  Quiconque souhaitait persévérer et poursuivre sa route pour voir le visage du roi faisait de terribles et épouvantables rencontres qui rendaient son âme amère et le glaçaient de peur. Les serpents et les scorpions s’efforçaient de l’empêcher d’avancer. Parfois, après avoir découvert qu’il pouvait rester avec les nobles du roi et qu’il était en possession d’une grande richesse, il demeurait là où il se trouvait, parce que chaque mur était encore plus haut et plus menaçant que le précédent.

Néanmoins, un authentique prince, qui languissait l’amour de son père, n’avait pas l’intention de recevoir un quelconque avantage personnel, il ne souhaitait seulement qu’accomplir le désir de son père, le roi. Il était prêt à supporter n’importe quelle épreuve pourvu qu’il ait une audience avec le monarque. Lorsqu’il se retrouva face aux murs effrayants, aux rivières, aux forces militaires, aux serpents, aux scorpions et aux ténèbres qui dissimulaient le visage du roi, il se demanda avec stupéfaction pourquoi un roi si clément, qui avait de la miséricorde comme un père en a pour ses fils, devait se cacher derrière de telles barrières. Par le pouvoir de son cœur brisé et de son désir ardent de se retrouver en compagnie de son père, le prince se voua totalement à la tâche avec une très grande abnégation et accepta sur lui, avec amour, toutes les souffrances qui lui étaient imposées. Il persévéra avec une force immense et supporta les nombreux tourments que lui infligèrent les serpents, les scorpions, les ours, les lions et les effrayantes barrières. Il rejeta toutes les richesses et les biens que lui offrirent les nobles, n’ayant aucun désir pour toute cette opulence. D’un cœur joyeux, il sautait par-dessus les montagnes et bondissait d’une colline à l’autre, jusqu’à avoir la chance de voir le roi, en étant totalement désintéressé, sans le moindre ego, le cœur brisé, brûlant de désir et d’amour. Lorsqu’il parvint enfin à le voir, il se mit à verser des torrents de larmes : « Ah, Père miséricordieux ?! J’étais presque perdu à cause de ces nombreuses barrières, ces ténèbres, cette amertume et toutes ces tentations que disposèrent devant moi les nobles afin de me persuader de ne pas me présenter devant vous ! »

C’est alors que le roi ouvrit les yeux en disant : « Regarde dehors et constate qu’il n’y a pas une seule barrière, pas de serpents, aucun rideau, ni masque, car la lumière de la face du roi brille d’un bout à l’autre du monde et, au milieu des ténèbres et de l’amertume, le roi rayonne dans toute sa gloire. »

Une fois les yeux du prince dessillés, il put voir que toutes ces choses effrayantes n’étaient là que pour le rapprocher du roi ; seul un insensé ne parvient pas à percevoir cela et choisit de rester avec les nobles.

Le roi donna alors au prince sa fille, qui est le pouvoir de la prière, afin qu’il soit uni avec le roi, et le pouvoir de décréter la vie ou la mort, d’interdire ou de permettre, d’élever ou de rabaisser, grâce au pouvoir de la lumière du visage du roi qui brille sur lui.20

 

? Notes :

 

1. Par exemple, voir histoire encadrée dans la Lettre 1.

2. Le plus grand disciple du plus grand disciple du Ba’al Chem Tov, le

Maguid de Mezéritch.

3. Tout grand tsadik a la passion d’enseigner à de grandes et belles âmes et, dans sa génération, il n’y en avait pas d’autres comme celle du Alter Rebbe. L’histoire rapportée ici est une illustration classique de la phrase : « Plus encore que le veau ne souhaite téter, la vache désire allaiter », que Rabbi Akiva dit à Rabbi Chimon bar Yo’haï lorsqu’il le sollicita pour étudier la Torah (Pessa’him 112a).

En répondant aux questions perpétuelles de ses élèves, l’enseignant est obligé d’étendre ses connaissances pour répondre à leurs besoins. Ainsi, ses capacités sont bien plus mises à l’épreuve qu’en étudiant, même avec un partenaire d’étude bien assorti ou auprès d’un grand maître de la Torah, comme nos Sages nous l’enseignent : « J’ai beaucoup appris de mes maîtres, j’ai plus encore appris de mes amis [partenaires d’étude], mais c’est de mes élèves que j’ai le plus appris ! » (Ta’anit 7a).

De plus, dans la relation professeur-élève, l’enseignant est d’une certaine manière de type « mâle », insufflant sagesse et inspiration à son élève, étant davantage du type « femelle ». L’élève prend les idées conceptuelles et les développe, tout comme un fœtus se développe dans l’utérus de sa mère, donnant lieu à la « naissance » d’applications pratiques dont peut-être l’enseignant n’avait pas eu conscience au départ.

4. L’état absolu d’unité de l’essence même de D.ieu est appelé ya’hid, « l’Unique », sous-entendant qu’il n’y pas d’autre véritable existence que celle de D.ieu. « D.ieu est Un [é’had] » signifie que D.ieu est omniprésent dans toute la création et que la totalité de la création existe en Lui, au-dessus du temps et de l’espace tels que nous les connaissons. Va’ed, « toujours » sous-entend que la lumière et la présence de D.ieu, Son royaume, sont omniprésentes dans la réalité au sein du contexte du temps et de l’espace créés.

Dans les deux versets de la proclamation du Chéma (Chéma Israëlé’had et Baroukh Chemle’olam va’ed), le verset du Chéma, appelé dans le Zohar « l’union supérieure » exprime l’unité de D.ieu au second niveau de é’had, « un » (le dernier mot du verset), l’union du monde au sein de D.ieu (tandis que le niveau de ya’hid, « unique » n’est que sous-entendu, afin de permettre la révélation de l’unité de D.ieu dans le contexte de la création, comme nous l’explique la ‘Hassidout). Le mot va’ed, « toujours » qui conclut le second verset, est appelé dans le Zohar « l’union inférieure », l’union de D.ieu dans le monde (voir Tanya, Cha’ar Hayi’houd Veha’émouna, ch. 7).

La somme des valeurs numériques de ya’hid (????) et é’had (???) est de 45,

ce qui correspond à la valeur numérique du mot « quoi » (??) qui fait référence à l’état ultime d’altruisme et d’humilité, la non-existence des créations de D.ieu en tant qu’entités indépendantes, ainsi que Moïse a dit d’Aharon et de lui-même : « Que sommes-nous ? » (Exode, 16:7 ; ibid v. 8)

Avec la valeur numérique du mot va’ed (???), la valeur totale des trois mots est de 125 ou 53, ce qui fait allusion à l’interprétation des Sages du verset : « Voici l’histoire du ciel et de la terre behibaram [lorsqu’ils furent créés], » que les Sages interprètent comme voulant dire : bebera’am, ce qui signifie que le monde fut créé avec la lettre , dont la valeur numérique est 5. 5 à la puissance 3 fait donc référence à la lettre aux trois niveaux : ya’hid, é’had et va’ed.

5. Dans le même ordre d’idées, après le décès du Ba’al Chem Tov, ses disciples s’assirent et racontèrent les histoires des miracles merveilleux que leur maître avait accomplis de son vivant. Le Ba’al Chem Tov apparut à certains de ses disciples et leur dit : « Pourquoi prenez-vous la peine de parler d’actes sensationnels ? Parlez plutôt  de ma crainte du Ciel ! »

 (Voir notre ouvrage en hébreu, Or Israël, Vol. 3, p. 73).

6. Voir pour plus de détails notre livre en hébreu Chekhina Bénéhem p. 35.

7. Même si les dons ont été gagnés, ils constituent peut-être néanmoins une épreuve. Des dons spirituels de cette nature ne doivent être conservés que s’ils ont été véritablement gagnés. De tels dons doivent aussi assister une personne dans son service Divin pour atteindre son Père et amener ainsi, enfin, la rectification et la délivrance au monde.

8. Voir aussi la parabole encadrée, ci-dessus.

9. Proverbes 18:2.

10. En effet, l’univers n’est rien d’autre qu’un reflet de la connaissance de D.ieu détenue par Lui-même et donc, au bout du compte, D.ieu est tout et tout est D.ieu (voir Michné Torah, Hilkhot Yessodé Hatorah, 1:1).

11. Comme le sixième Rabbi de Loubavitch l’a dit un jour, tout le Tanya, le texte classique de la ‘Hassidout, est destiné à sauver le peuple de l’aveuglement.

12. Les pouvoirs spirituels que possèdent ceux qui ont des trous psychiques sont chaotiques de nature (selon la terminologie de la Kabbale, ils découlent du Monde du Chaos). Les phénomènes chaotiques sont toujours accompagnés d’arrogance, qu’elle soit pleinement consciente ou partiellement inconsciente. Cette situation rend, bien entendu, le conseil ou la thérapie que l’on reçoit d’une telle personne contre-productif. C’est faire preuve de sagesse que de se maintenir à distance de ce genre d’individus !

13. En hébreu, le mot signifiant « important » (????) a la même racine que le mot « pensée » (?????).

14. Cette situation est en accord avec l’affirmation des Sages que, depuis la destruction du Temple de Jérusalem, la prophétie a été retirée aux prophètes pour être donnée aux fous et aux enfants (Baba Batra 12b). Le dénominateur commun qui relie les fous aux enfants est qu’il leur manque à tous deux la faculté du da’at, qui sert à filtrer la connaissance superconsciente qui pénètre l’esprit de l’individu moyen, ne laissant passer au travers que des pensées rationnelles. Dans l’esprit rectifié du Juste, la faculté du da’at est épurée à tel point que même une telle connaissance superconsciente peut être analysée et intégrée par son psychisme sans que cela ait un effet défavorable sur lui.

15. La Kabbale et la ‘Hassidout considèrent le pouvoir de la pensée comme le plus élevé des trois vêtements de l’âme : la pensée, la parole et l’action. Il est donc extrêmement important de préserver l’esprit de pensées impures et de mauvaises pensées sur les autres. En un certain sens, les mauvaises pensées concernant autrui sont même encore plus nuisibles que l’acte de le calomnier ou d’entreprendre un acte matériel visant à lui porter préjudice (Tanya, Iguéret Hakodech, ch. 22).

16. Les deux pouvoirs suivants de l’âme par dessus ces trois-là sont appelés « émotions » (?????) et « intellect » (???). Les émotions correspondent au « pathos » ou sentiments, tandis que l’intellect est pur, l’intellect abstrait, isolé des sentiments. Le Alter Rebbe, l’auteur du Tanya, nous fournit l’explication suivante : alors que la pensée, la parole et l’action sont des vêtements qui peuvent être facilement changés et renouvelés, les émotions et l’intellect sont les pouvoirs essentiels de l’âme. La lumière intérieure et abstraite de l’intellect peut être exploitée et utilisée par le vêtement de la pensée lorsque, par le biais de sa purification et de sa clarification, le pouvoir de la pensée s’élève pour revêtir l’intellect pur. Pour en savoir plus sur ces niveaux des facultés de l’âme, voir Anatomie de l’âme.

17. Voir Tossafot sur Berakhot 55b.

18. Le Talmud rapporte qu’un jour, deux Sages firent exactement le même rêve et qu’ils se rendirent chez le même interprète de rêves. L’un des Sages donna à l’interprète une pièce, tandis que l’autre ne donna rien. L’interprète donna une interprétation positive au rêve du Sage qui l’avait payé et son interprétation se réalisa, alors qu’au Sage qui ne l’avait pas payé, il donna une interprétation négative qui, malheureusement, se réalisa également (ibid., 56a).

19. La grande compassion de D.ieu englobe toute la création, des niveaux les plus élevés de la création jusqu’à notre réalité matérielle. Seul D.ieu a connaissance de la grande étendue de Sa compassion envers nous, infiniment plus que nous pouvons en savoir nous-mêmes. A cet égard, la propre compassion du tsadik  envers ceux qui souffrent reflète celle de D.ieu.

20. Il existe plusieurs versions de cette parabole, celle que nous rapportons ici est mentionnée dans Heikhal Haberakha. Voir aussi notre ouvrage en hébreu, Be’ita A’hichena pp. 151-153.