Se relier à D.ieu en Eloul, à Roch Hachana et à Yom Kippour :
La relation Mari / Femme
(NDLR: Afin de simplifier le texte, nous nous sommes exprimés au masculin. Mais, bien entendu, les rôles peuvent être inversés.)
La faute qu’il est possible de commettre à l’encontre de son conjoint est celle de l'insensibilité - le manque de volonté et d'ouverture pour s’identifier activement à lui. Ce qui fait souffrir un époux plus que tout, bien que les « règles » soient respectées, et que l’on fasse preuve de considération envers sa particularité, c’est de ne pas témoigner de véritable intérêt pour ses pensées intimes et ses sentiments les plus profonds. Un étranger peut être très impressionné par le niveau de considération mutuelle que se témoigne le couple. Au fond de son cœur, toutefois, le conjoint offensé désire plus que tout la considération mutuelle. Il souhaite arriver au stade où il peut vraiment partager les subtilités de son âme avec sa compagne bien-aimée.
La vie conjugale, avec ses frictions et ses exigences quotidiennes incite un conjoint à élever des murs autour des profondeurs de son âme - à définir des limites et à admettre que son épouse est totalement différente de lui et qu’elle dépasse son entendement. Cette approche n'est légitime que si ces séparations sont utilisées comme des outils pour relâcher la tension superficielle et libérer son monde intérieur. Si le couple identifie ces séparations comme les bases solides de leur vie en commun – s’ils désespèrent de parvenir à s’immerger dans l'âme intérieure de l'autre - une tristesse intérieure persistante détruira peu à peu leur désir de «vie commune» et leur amour mutuel se fanera.
Exploitation et enthousiasme
Bien que la relation père / fils soit définie par la tension qui existe entre indifférence et reconnaissance, la relation entre mari et femme est définie par la tension entre l'exploitation et l'enthousiasme. En effet, le conjoint s'attend à ce que sa compagne lui accorde la même valeur qu’il s’accorde à lui-même – à être heureux de rencontrer quelqu'un de nouveau et de différent qui désire s’immerger tout au fond de son être. La pensée que sa compagne puisse le percevoir comme un objet dépersonnalisé idéalement placé pour son usage personnel le tue « spirituellement ».
En outre, plus encore que d’avoir peur d'être exploité avec une indifférence totale pour son vécu intérieur, le conjoint craint l'exploitation de ce vécu intérieur, lui-même. Il craint que ses efforts pour être conscient de son épouse ainsi que son dévouement envers elle ne rencontrent que le cynisme et la froideur d’un sens pratique.
D.ieu comme notre conjoint
Lorsque nous fautons envers Dieu en tant que notre conjoint, il se peut que nous restions fidèles à Ses commandements, sans intégrer dans notre vie notre expérience de D.ieu et sans chercher à nous identifier à lui. Nous n’allons pas à sa rencontre avec enthousiasme, Lui permettant ainsi d’imprégner tout notre être, de pénétrer dans notre vécu le plus profond et de le transformer. Lorsque nous ne nous lions pas correctement à Dieu en tant que notre conjoint, nous ne parvenons plus à Le prier réellement. Au fond de nous, nous ne croyons pas qu'Il s’intéresse véritablement à nous et à nos désirs les plus intimes.
"Purifie-nous"
Ce type de faute nécessite une kaparah, une "purification". La vie conjugale exige une purification et un examen détaillés continuels. Même une petite insulte révèle une froideur intérieure et fondamentale sur le plan pratique, ainsi que le refus d'être «trop impliqué» dans le monde de l'autre. Cette froideur pénètre jusque dans les profondeurs de l'âme de l'autre. Le conjoint pense que ses efforts pour donner de son essence à l’autre ont été exploités, sans que son épouse n'en ait pris conscience.
À un niveau plus profond, nous pouvons comprendre que la Présence Divine de D.ieu (Chekhina) réside au sein du couple marié. C'est cette Présence Divine qui permet à la paix et à l'affection de régner entre les deux âmes différentes. Si nous ne sommes pas sensibles à la Chekhina de D.ieu, elle s’en va tout simplement. Pour mériter cette Présence Divine parmi nous, nous devons constamment nous purifier, en examinant la complexité de nos actes et de nos pensées et en créant un véritable lieu de résidence pour D.ieu dans notre monde.
Les autres chapitres de cette série :
1. Introduction
6. Se relier à Dieu à Roch Hachana
7. Se relier à Dieu à Yom Kippour



