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Alef

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Paradoxe : D-ieu et l’homme

Alef : Le paradoxe de D-ieu et de l’homme

Le alef est formé de deux youds, l’un dans sa partie supérieure droite et l’autre dans sa partie inférieure gauche, qui sont liés l’un à l’autre par un vav diagonal. Ces différentes lettres représentent les eaux d’en haut et celles d’en bas avec le firmament placé entre elles, ainsi que l’enseigne le Arizal.
L’eau est mentionnée pour la première fois dans le récit du premier jour de la Création : « Et l’esprit de D-ieu planait sur la surface de l’eau. » A ce moment-là, les eaux supérieures et inférieures étaient indifférentiables : il est fait mention de leur état sous les termes « de l’eau dans de l’eau ». Au cours du second jour de la Création, D-ieu sépara les deux sortes d’eau en « étirant » le firmament entre elles.
Au service de l’âme, comme l’enseigne la ‘Hassidout, les eaux supérieures sont des eaux de joie, l’expérience d’être proche de D-ieu, tandis que les eaux inférieures sont celles de l’amertume, le fait de se trouver loin de D-ieu.
Dans la philosophie juive, les deux caractéristiques intrinsèques de l’eau sont le « mouillé » et le « froid ». L’eau supérieure est « mouillée » et comporte un sentiment d’unicité avec « l’exaltation de D-ieu » tandis que l’eau inférieure est « froide » et porte en elle le sentiment de séparation, la frustration de vivre « la nature humble de l’homme ». Le service Divin, tel qu’il est enseigné dans la ‘Hassidout, insiste sur le fait que le niveau de conscience primaire de ces deux types d’eau est le sens du Divin, chacun ayant sa propre perspective : Selon la perspective de l’eau supérieure, plus « l’exaltation de D-ieu » est grande, plus l’unicité de tout ce qui est dans Son Etre Absolu est grand et selon la perspective de l’eau inférieure, plus « l’exaltation de D-ieu » est grande, plus le vide existentiel qui existe entre la réalité de D-ieu et celle de l’homme est important, d’où « la nature humble de l’homme ».
Le Talmud parle de quatre sages qui pénétrèrent dans le Pardes, le verger mystique d’élévation spirituelle atteint seulement par le biais d’une méditation intense et des contemplations Kabbalistiques. Le plus grand de ces sages, Rabbi Akiva, dit aux autres avant d’entrer : « Lorsque vous arriverez à l’endroit de marbre pur, ne dites pas "eau-eau" car il est dit : "Celui qui profère des mensonges ne se tiendra pas devant mes yeux. " » Le Arizal explique que l’endroit de « marbre pur » est celui où les eaux d’en haut et celles d’en bas s’unissent. Ici, il ne faut pas s’écrier : « eau-eau » comme pour diviser les eaux supérieures et les eaux inférieures. « L’endroit de marbre pur » est le lieu de vérité, le pouvoir Divin de supporter deux opposés simultanément, selon les termes de Rabbi Chalom ben Adret : « le paradoxe des paradoxes ». Ici, « l’exaltation de D-ieu » et Sa « proximité » vis-à-vis de l’homme s’unissent avec la « nature humble de l’homme » et son « éloignement » de D-ieu.
La Torah débute avec la lettre bêt : ?????? ??? ????? ?? ????? ??? ???? , « Au commencement, D-ieu créa le ciel et la terre. » Les Dix Commandements, la révélation Divine au peuple juif au Mont Sinaï, commencent avec la lettre alef :????? ??? ??????? ???? ????? ???? ????? '???? ? , « Je suis D-ieu, votre D-ieu qui vous a fait sortir de la terre d’Egypte, de la maison d’esclavage. » Le Midrach affirme qu’une « réalité supérieure » (??????? ) a été séparée d’une « réalité inférieure » (??????? ), car D-ieu avait décrété que la réalité supérieure ne descendrait pas, ni l’inférieure ne monterait. En donnant la Torah, D-ieu annula Son décret, ayant été Lui-même le premier à être descendu, comme il est écrit : « Et D-ieu descendit sur le Mont Sinaï. » La réalité inférieure, à son tour, monta : « Et Moïse approcha la nuée… » L’union de la « réalité supérieure », le youd d’en haut, avec la « réalité inférieure », le youd d’en bas, par le biais du vav de la Torah qui fait le lien, forme le secret ultime de la lette alef­.

ALEF

 

FORME : Un youd en haut et un youd en bas avec un vav qui les sépare et les unit de manière simultanée.
Le secret de l’ « image » dans laquelle l’homme fut créé.

Mondes Les eaux supérieures et inférieures avec le firmament entre elles.
Dans le monde :
L’atmosphère supérieure, l’atmosphère inférieure, l’océan et l’eau de table
Les ondes d’énergie, l’atmosphère, le cycle hydrologique
Dans le corps humain :
Le système respiratoire, le diaphragme, le système digestif
L’eau du crâne, la membrane, l’humidité du cerveau

Ames Se sentir à la fois proche et loin de D-ieu avec un engagement dans la Torah et les mitsvot pour contrebalancer ces émotions.
« Les pleurs sont enfoncés dans mon cœur d’un côté, tandis que la joie est enfoncée dans mon cœur de l’autre côté. »

Divinité Une lumière Transcendante et Immanente avec la contraction (tsimtsoum) et une empreinte (rechimou) entre elles.
L’homme en parfaite unité avec la Volonté Infinie de D-ieu.

NOM : Bœufs ; mille ; enseignement ; maître.

Mondes Bœufs : une réalité physique grossière, l’âme animale inférieure.
Mille : multiplicité dans la Création, les « mille montagnes broutées par le bœuf. »
Le joug du bœuf produisant par milliers et retournant à l’unité.

Ames « Je vous enseignerai la sagesse », la racine de l’âme provient de la sagesse de D-ieu.
Une vision directe de la vérité Divine ; n’être rien.

Divinité « Maître de l’univers ».
Le « Un » Divin se révélant à travers la pluralité de la Création.

NOMBRE : Un

Mondes Le premier de tous les nombres comptables
Le début du processus dans la nature et séquence d’événements temporels.
Le un compte « quelque chose à partir de quelque chose ».

Ames « Une nation sur la terre. »
L’unité organique de toutes les âmes juives.
Le un compte « quelque chose à partir de rien ».

Divinité « D-ieu est Un : L’unité absolue de D-ieu.
« Il n’y a rien en dehors de Lui » : « Un, seul et unique. »
Le un compte « rien à partir de quelque chose ».

 

 

 

 

FORME

Dans le Zohar, la forme du alef représente l’ « image de D-ieu » dans laquelle l’homme fut créé : ???? ??? ?????? ??????? ??????? , « Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance. » Le nom de ??? , « homme » est lui-même un composé de ? , correspondant à « notre image », et de ?? , la racine de deux lettres de ??????? , « à notre ressemblance ». Au niveau des Mondes, le alef représente le paradoxe que constitue l’homme, un être créé et fini, mais néanmoins « estampillé » à l’ « image de D-ieu ». Au niveau des Ames, le alef est le paradoxe que représente l’Etre Infini de D-ieu contracté quoique activement manifeste dans l’âme de l’homme (le Juif vivant une vie de Torah et de mitsvot). Au niveau de la Divinité, le alef constitue le paradoxe implicite dans les termes utilisés pour décrire Moïse et les autres tsadikim : « l’homme de D-ieu », l’homme en parfaite unité avec la Volonté Infinie de D-ieu. L’Infinie Volonté de D-ieu est l’ « image » qui se trouve en Lui, la source ultime de Sa Volonté révélée telle qu’elle est exprimée dans les mitsvot de la Torah qui s’effectuent dans le domaine du fini. Le service de « l’homme de D-ieu » est son « aller–retour » empressé et continuel entre la Volonté révélée de D-ieu dans la Torah et les mitsvot et son origine da ns Son Essence afin de faire se manifester une part de plus en plus importante de la Source dans la révélation. Nos sages font référence à cette notion lorsqu’ils parlent d’ « unifier la Torah à D-ieu », notion qui constitue le secret du beit potentiel, la lettre de la Finalité – le « lieu de résidence de D-ieu ici-bas » - qui figure de manière potentielle dans le alef.

 

MONDES

Au niveau le plus basique et matériel, le firmament correspond à la couche la plus basse de l’atmosphère qui entoure le globe terrestre, l’eau supérieure est la vapeur et l’eau de pluie condensée qui reste en suspens et qui est transportée par les nuages au dessus du firmament, et l’eau inférieure est la mer et les eaux souterraines de la terre. A un niveau plus profond, l’eau inférieure peut faire référence à la totalité du système hydrologique, le firmament, à la couche supérieure de l’atmosphère et l’eau supérieure aux « ondes » électromagnétiques ou d’autres champs d’énergie qui se trouvent dans l’espace.
Dans le corps humain, le diaphragme est considéré comme le symbole du firmament, séparant – mais finalement réunissant sur le plan organique – le système respiratoire, « l’eau supérieure » au dessus du diaphragme, et le système digestif, « l’eau inférieure » se trouvant essentiellement au dessous du diaphragme. Au cours du processus de digestion, l’ « eau inférieure » sépare, en déterminant ce qui est viable, les déchets de la nourriture. L’ « humidité » inhérente à l’ « eau supérieure », au « souffle de vie », sert à « lubrifier » tous les membres du corps.
A un niveau plus élevé, le firmament fait référence à la membrane au dessus du cerveau, qui sépare l’ « humidité » innée de l’intellect, « l’eau inférieure » du potentiel spirituel du superconscient, « l’eau supérieure » qui est dans le crâne.

 

AMES

Dans le service de l’âme, l’eau supérieure représente l’état de joie que l’on ressent lorsque l’on se sent proche de son Créateur, toujours guidé par les yeux merveilleux de Sa Providence et étreint par les bras tendus de Sa Bienveillance. L’eau inférieure représente l’état d’amertume ressenti lorsque l’on se sent loin de son Créateur, une part de la souffrance d’un monde qui n’est toujours pas rectifié, ni racheté.
« Les eaux inférieures s’écrient : "Nous voulons êtres proches de D-ieu" » comme le sont les eaux supérieures. Ce désir ne pourra être réalisé qu’au moment de la rédemption universelle, lorsque « Je ferai en sorte que l’esprit impur disparaisse de la terre. »
Le vav au milieu du alef correspond à ce pouvoir qui, à l’origine, fait une distinction entre ces deux états, avant de finir par les lier. La lettre vav représente la force de la Torah et des mitsvot. En s’engageant à servir D-ieu par le biais de la Torah et des mitsvot, on atteint un équilibre émotionnel et on finit par devenir capable d’unir les états en apparence antithétiques de se sentir proche et simultanément loin de son Créateur. L’immense plaisir inhérent à l’étude de la sagesse de la Torah de D-ieu relie celui qui s’y adonne à l’eau supérieure de joie, tandis que la soumission sincère à accepter le joug des Cieux dans l’accomplissement des mitsvot de D-ieu le relie à l’eau inférieure d’amertume. Le parfait équilibre et l’expérience simultanée de joie et d’amertume sont exprimés dans le Zohar sous les termes : « Les pleurs sont enfoncés dans mon cœur d’un côté, tandis que la joie est enfoncée dans mon cœur de l’autre côté. » Le pouvoir d’enfoncer est celui du da’at (« connaissance »), le secret de la lettre vav (entre les deux youds du alef), le pouvoir acquis à travers l’engagement à la Torah et les mitsvot.

 

DIVINITE

La ‘Hassidout enseigne que la lumière de D-ieu se diffuse de deux manières différentes : comme une Lumière Transcendante (???? ?? ????? , « entourant tous les mondes ») qui englobe tout ce qui fait la réalité et comme une Lumière Immanente (???? ?? ????? , « remplit tous les mondes ») qui se dévoile à chaque individu (ou récipient) en fonction de sa capacité à comprendre. Le youd supérieur représente la Lumière Transcendante tandis que le youd inférieur représente la Lumière Immanente. Le vav qui initialement fait la distinction entre ces deux lumières Divines, pour finir ultérieurement par les relier, est le secret de la contraction (tsimtsoum) primordiale de la Lumière Infinie de D-ieu (qui, à l’origine, contenait les racines des deux Lumières Transcendante et Immanente) ainsi que de l’empreinte (rechimou) de cette lumière qui demeure après la contraction. L’empreinte sert à connecter ces deux formes distinctes de lumière, de même que l’engagement à la Torah et aux mitsvot (dont le pouvoir découle de l’empreinte laissée sur la conscience du nouveau-né de la Torah qu’il a appris dans le ventre de sa mère) connecte les deux vécus distincts (et en apparence antithétiques) de joie et d’amertume au sein de l’âme.
A ce niveau le plus subtil de la Divinité, dans le cadre du vécu de la seule Lumière Immanente (qui, au niveau des Ames, est source de joie : se sentir proche de D-ieu), on ressent un éloignement de Sa Transcendance Absolue et donc, un certain degré d’amertume (sublime). La véritable joie d’une personne consiste uniquement à être entièrement « attirée » au sein de l’Essence de D-ieu (??????? ????? ????? ) en adhérant à Sa Lumière Transcendante.

 

NOM

La signification du mot alef (??? ) peut correspondre à n’importe lequel des termes suivants : « bœufs », « mille », « enseignement », « maître ».

 

MONDES

Le bœuf, l’image même de l’animal le plus basique, symbolise la réalité matérielle en général. Dans le psychisme humain, « l’âme animale » est le niveau de conscience qui se rapporte instinctivement à la création du monde physique : « L’esprit de l’animal descend sur la terre » (contrairement à « l’esprit de l’homme » qui « monte au dessus », se rapportant instinctivement au spirituel).
Le nombre mille représente la manifestation complète de la pluralité telle que reflétée dans la création physique. Mille correspond à 10 x 10 x 10 ; chaque dizaine étant un ensemble complet des 10 sefirot, présent dans chaque aspect de la réalité. Il est fait allusion de cette complétude du nombre mille dans le verset : ???? ?? ???? , « Un millier pour toi, Salomon » - ???? , « Salomon », qui est apparenté au mot ??? , « complétude ».
La « complétude » (i.e. la rectification) de la pluralité (??? ), c’est son retour à l’unité (??? ). L’animal est décrit comme se dispersant sur ???? ??? , « un millier de montagnes », broutant leur herbe quotidiennement. Cette description symbolise la rectification originelle de la réalité par l’image archétypale du pur animal en passant par sa techouva inférieure, i.e. son éveil initial la conduisant à retourner vers D-ieu après avoir été totalement immergée dans le matériel, comme l’enseigne la ‘Hassidout.
En particulier, le alef représente le joug du bœuf. En acceptant le joug, « Nombreuses sont les productions de la puissance du bœuf. » Le bœuf, en labourant la terre, a le pouvoir inné de produire par milliers (??? ) (et par la suite de les « engloutir » dans la techouva) à partir de l’unique (??? ) source potentielle d’énergie (comme dans la loi de conservation de l’énergie) de la nature.

 

AMES

La sagesse se rapporte aux Ames, car c’est l’âme qui reçoit l’enseignement et qui, par la suite, transmet la sagesse. L’âme juive provient elle-même directement de la sagesse profonde de D-ieu, tout comme la semence provient du cerveau, le siège de la sagesse. C’est pour cette raison que la Torah appelle le peuple juif les enfants de D-ieu. Comme nous l’avons expliqué dans notre exposé concernant la forme du alef, le vav, qui représente la Torah et les mitsvot, révèle le lien naturel qui existe entre le point de sagesse de notre âme – dont la caractéristique la plus intime est le sens de l’altruisme – et la sagesse infinie de D-ieu. En méritant une telle révélation, l’âme d’une personne devient elle-même une source d’influx d’une perspective toujours renouvelée, ainsi que l’a exprimé le Baal Chem Tov : « C’est l’âme de l’homme qui lui livre l’enseignement. »
Ainsi Elihou, l’une des principales incarnations de l’âme du Machia’h dans la Bible (son nom complet, ?????? ?? ????? , est égal à 358 = ???? , Machia’h) débute les discours qu’il adresse à Job et à ses trois compagnons de la manière suivante : « Je suis jeune en jours et vous êtes les anciens, c’est pourquoi je craignais de vous exprimer ma pensée. J’ai dit : les jours parleront et les nombreuses années enseigneront la sagesse. Il est vrai que l’esprit se trouve en l’homme et que l’âme du Tout Puissant lui confère la compréhension… » Le « savoir accumulé » des « jours qui parleront et des nombreuses années qui enseigneront la sagesse » correspond, en général, au secret de la succession des lettres de beit à tav. Pour cette raison, le processus de temps de la Création débute avec la lettre beit de ?????? , « Au commencement ». En revanche, l’aperçu direct que possède l’esprit inhérent à l’homme sur la Vérité Divine cachée dans tous les aspects de la réalité, en haut et inaltéré par l’évolution du temps, constitue le secret de la lettre alef. Elihou conclut son premier discours par les termes suivants : ???? ?????? ???? , « Prêtez attention et je vous enseignerai la sagesse » - « Et je vous enseignerai » (?????? ) a pour racine le mot ??? , alef. Le verset commence par : ?? ??? ??? ??? ?? , littéralement : « Si non [i.e. si vous n’avez pas de réponse], vous m’écoutez », mais en changeant légèrement les voyelles, nous obtenons : « Si vous n’êtes rien, écoutez-moi. » Etre « rien » est l’essence profonde de la sagesse de l’âme juive, le récipient capable d’écouter et de recevoir l’enseignement de la véritable sagesse, le secret de la lettre alef.

 

DIVINITE

Nos Sages font référence à D-ieu sous le terme de ????? ?? ???? , « Maître de l’Univers ». Le mot ??? , « Un » (dans le verset « Ecoute Israël… D-ieu est Un ») est interprété comme « ? (= 1), le Maître de l’Univers, est un dans ? (= 8), les sept firmaments et la terre et dans ? (= 4), les quatre directions du monde. » Contrairement à la pluralité que représente la lettre alef au niveau des Mondes, dans le contexte présent, le alef correspond à l’Unité de D-ieu.
« Les voies de D-ieu ne sont pas comme celles de l’homme. Un homme tire une flèche et n’est pas capable de la récupérer [en l’air] tandis que D-ieu tire Ses flèches et a la capacité de les rattraper comme si elles n’avaient pas quitté Sa main. » L’image de D-ieu en archer fait référence à l’aptitude inhérente à Son Unité Absolue à créer ( « tirer » dans la réalité) des mondes qui ont une pluralité apparente. Le mot « flèche » en hébreu, ?? , signifie « moitié », indiquant ainsi le pouvoir de scinder, si l’on peut dire, l’unicité primordiale. La source de l’unité « rattrape » néanmoins la pluralité en révélant son Unité Divine intérieure. ???? ???? ??? ??? , « Comment un poursuit-il un millier », est interprété dans la Kabbale comme faisant référence au pouvoir ultime de la lettre alef : un (l’unité) poursuit (afin de « rattraper ») un millier (la pluralité), tel est le secret du paradoxe Divin. Dans la phrase ???? ???? ??? ??? , les initiales des quatre mots qui la composent (???? ) sont égales à 13, la valeur du mot ??? , « un ». Les dernières lettres (???? ) forment un total de 169 = 13². 169 coïncide également à la somme de ??? ??? ??? , les trois mots correspondant à la forme, au nom et au nombre du alef : « homme » (l’ « image de D-ieu » dans laquelle l’homme fut créé), « alef » et « un », tous débutant par la lettre alef.

 

NOMBRE

La lettre alef est égale à 1.

 

MONDES

Le chiffre un est le premier de tous les nombres comptables (1, 2, 3, …). Ce niveau du 1 est appelé « le un comptable » (??? ????? ), le point de départ ou la cause d’origine de tout processus naturel ou de toute série d’événements temporels. La « causalité » et l’ « évolution » sont des phénomènes naturels évidents qui découlent du « un comptable ». Le « un comptable » est en fait l’origine de toutes les lois de la nature, telle qu’elle se révèle à l’esprit au travers de son processus rationnel d’induction. Le alef silencieux qui se trouve dans le premier mot de la Torah, ?????? (« au commencement »), tel qu’il est compris au niveau des Mondes, correspond au « un comptable ». C’est ce silence (?? ) inclus dans la première lettre audible (?? ) de la Création, le beit de ?????? , le deux (? = 2) qui entame le processus de déduction rationnelle.
Le mot ????? , « foi », le premier pouvoir de l’âme, peut être lu???? ?' , « alef compte » : le alef (dont la valeur numérique est 1) « compte » toute réalité à partir de un. Au niveau des Mondes, le « compte » de la réalité à partir de 1 revient à compter « quelque chose à partir de quelque chose », comme dans le phénomène de causalité et d’évolution.
Le phénomène du libre-arbitre et de la Providence Divine, qui modifie le sens tout aussi bien que la réalité du phénomène évident de « causalité » et d’ « évolution » ne prend toute son ampleur qu’à partir de la perspective des niveaux supérieurs du « un ».

 

AMES

Le un des Ames est l’unité organique du peuple juif, la fusion de toutes les âmes juives. Cette unité intrinsèque est devenue manifeste pour la première fois lorsque le peuple s’est trouvé au pied du Mont Sinaï. Dans la phrase ???? ?? , « et ils campèrent là », le mot ???? (littéralement : « et il campa ») est écrit au singulier. Rachi commente : ???? ??? ??? ??? , « comme un seul homme avec un seul cœur ». Cette unicité et cet amour sont la condition préalable pour recevoir la Torah. A l’époque du don de la Torah, notre unicité ici-bas servit de récipient pour recevoir l’Unicité Absolue de D-ieu, comme revêtue de Volonté Divine et de Sagesse de la Torah, faisant de la « place » pour Lui pour « descendre » dans nos cœurs.
L’ordre de la Torah d’entrer dans la Terre d’Israël est tel que nous avons la possibilité de réaliser la manifestation continuelle de cette révélation. Insufflée en nous, avec l’Unicité de D-ieu à travers la Torah, notre finalité est d’implanter cette conscience sur la terre. Nous sommes mentionnés sous les termes ??? ??? ???? , « un seul peuple sur la terre ».
??? ??? , « un seul peuple » est égal à ?? , « cœur », comme « comme un seul homme avec un seul cœur ». La phrase en entier ??? ??? ???? , « un seul peuple sur la terre » est égal à 325 = 13 x 25, la somme de tous les nombres de 1 à 25, dont le « point central » ou « cœur » est 13 = ??? , « un ». L’Unité au niveau des Ames a lieu dans le cœur. (Au niveau des Mondes, l’Unité est reflétée dans le fonctionnement du foie, tandis qu’au niveau de la Divinité, l’Unité se fait dans l’œil intérieur du cerveau.) La « terre d’Israël » (??? ????? = 832) est elle-même égale à la valeur du mot « cœur » (?? = 32) multipliée par la valeur du Nom Havaya (26, qui, à son tour, est égal à 2 x 13).
Ici, ????? , pris dans le sens de ?' ???? , constitue le secret du 1 comptant toute chose comme « quelque chose à partir de rien » (non pas comme le « un comptable », au niveau des Mondes, qui compte « quelque chose de à partir de quelque chose »). Le « compteur » est lui-même « incomptable », car il ne se rapporte en aucune manière à la réalité « comptée ». Ici, le « compteur » est le un organique de toutes les âmes d’Israël car « rien [??? ] est le mazal d’Israël » ainsi que l’enseignait le Baal Chem Tov. Il s’agit de l’ « art créatif », ????? , tiré du mot ????? , « foi » de l’âme, le « partenaire » de D-ieu dans l’acte de Création.
De même que la Torah enseigne que la Providence Divine s’étendant sur le monde entier débute à partir de Sa Contemplation de la Terre d’Israël, les fruits de notre conscience du Un Divin poussent sur l’arbre que forme notre unité avec la Terre Sainte. Ces fruits suffisent à procurer une subsistance spirituelle à tous les peuples de la terre.

 

DIVINITE

??? ????? ?' ?????? ?' ??? « Ecoute Israël, D-ieu est notre D-ieu, D-ieu est Un. » L’Unicité Absolue de D-ieu est totalement unique. Elle n’est en aucune façon liée au un comptable, au niveau des Mondes, ou à l’unité organique, au niveau des Ames. N’ayant pas de définition rationnelle et englobant la réalité dans son entier, elle ne peut être exprimée qu’à travers le verset qui décrit la révélation au Sinaï : « Il vous a été montré de connaître que D-ieu est D-ieu, il n’y a rien en dehors de Lui. » Le Midrach interprète « un » dans le verset « Ecoute Israël, D-ieu est notre D-ieu, D-ieu est Un » avec l’expression : ??? ????? ?? « Rien ne lui est comparable. » La ‘Hassidout nous enseigne que cette interprétation du « un » fait référence au degré extrêmement profond de l’Essence de D-ieu, le degré où il est différent, de manière unique, de tout « autre » rationnellement définissable et qui peut donc seulement être conçu comme étant « le paradoxe des paradoxes ».
« Ecoute Israël, … D-ieu est Un » est l’instruction, qui englobe le tout, délivrée par Moïse à la génération sur le point d’entrer en terre d’Israël et de s’y installer. Ce verset fait suite à la phrase : « une terre où coulent le lait et le miel. » Le verset ??? ????? ?' ?????? ?' ??? possède 25 lettres avec au milieu (treizième), la lettre ? de ?????? , « notre D-ieu », qui est égal à ????? , « foi » (102). ????? est le secret du ?' ???? « alef, un, compte » comme nous l’avons expliqué ci-dessus. Au niveau de la Divinité, compter tout à partir de un, le Un Absolu de « D-ieu est Un » consiste à compter « rien à partir de quelque chose » car la réalité dans sa totalité, y compris son pouvoir créatif intrinsèque, est en vérité « rien » en relation avec Son Quelque chose Absolu. Tel est le secret de la « perspective d’En Haut » (??? ????? ), tandis que la création « quelque chose à partir de rien » est le niveau de conscience de la « perspective d’Ici Bas » (??? ????? ), comme la ‘Hassidout l’enseigne. Ici, toute la « réalité comptée » n’est rien de plus que le « rien » des numéros abstraits, alors que le « compteur » est absolument « incomptable » car sa Réalité et son Unicité ne sont pas celles du nombre, inconcevable pour le niveau de conscience orientée sur les nombres de toute la Création.

 

COUVERTURE :

LES LETTRES HEBRAÏQUES

CANAUX DE LA CONSCIENCE CREATIVE

Par le Rav Its’hak Ginsburgh

 

« … Je demandai au Machia’h : "Quand le Maître viendra-t-il ?" Et il répondit : "Par ceci, tu le sauras. Lorsque tes enseignements deviendront publics et dévoilés dans le monde, que tes sources jailliront jusqu’aux extrémités les plus éloignées, que je t’ai enseignées et que tu as comprises et qu’elles seront également en mesure de réaliser des unifications et des élévations comme toi, alors toutes les "carapaces" cesseront d’exister et ce sera une ère de désir de faire le bien et de salut.
Je restai émerveillé et bouleversé en pensant à tout le temps nécessaire à cela, quand cela sera-t-il possible ? Mais de ce que j’appris là – trois puissantes pratiques et trois Noms saints, faciles à apprendre et à expliquer – mon esprit s’apaisa et je pensai qu’il était possible au moyen de cet enseignement, que des hommes de ma nature soient capables d’atteindre des niveaux similaires au mien… Mais, durant toute ma vie, je n’ai pas reçu la permission de révéler cela… Mais, de ceci je peux vous informer, puisse D-ieu vous venir en aide, votre voie doit toujours se poursuivre dans la présence de D-ieu et ne laissez jamais tomber votre niveau de conscience au moment de la prière et de l’étude.
Chaque mot qui sort de vos lèvres ont pour but de s’unir car dans chaque lettre, il y a des Mondes, des Ames et de la Divinité et elles montent et se connectent et s’unissent les unes aux autres et, après cela, les lettres se connectent et s’unissent pour former un mot et [ensuite] elles s’unissent en une véritable union dans la Divinité. Insérez votre âme parmi elles dans chaque état. Et tous les mondes s’unissent pour ne former qu’un et montent pour produire une joie et un plaisir infiniment grands, de même que vous pouvez saisir de la joie des fiancés en miniature et dans son aspect matériel, combien plus encore dans un niveau d’exaltation comme celui-là. Assurément, D-ieu vous portera assistance et partout où vous irez, vous réussirez et atteindrez une plus grande conscience. Donnez au sage et il deviendra encore plus sage. »

 

Tiré de la lettre du Rabbi Israël Baal Chem Tov